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Nouveau logo de l’OM : bonne ou mauvaise refonte ?

L’Olympique de Marseille a dévoilé un nouveau logo qui marque une vraie rupture visuelle avec la version de 2004. En tant que directeur artistique et graphiste, j’ai choisi d’analyser cette refonte sous l’angle du design : construction du signe, identité de marque, lisibilité et capacité du logo à fonctionner sur les différents supports d’aujourd’hui.

Nouveau logo de l'OM
Possible futur maillot de l'OM ©Capture d’écran réseaux sociaux

L’Olympique de Marseille n’a pas simplement “retouché” son logo. Le club a officialisé, le 8 avril 2026, une nouvelle identité visuelle pensée comme une synthèse entre héritage, lisibilité contemporaine et déploiement de marque. Présenté lors du dîner de gala de Treizième Homme, le nouveau blason s’inscrit dans un chantier plus large : nouveau système graphique, nouveau bleu, nouvelle typographie et nouveau site officiel. Ce n’est donc pas un simple changement cosmétique. C’est une décision de branding à part entière.

Et contrairement à ce que l’on peut parfois lire sur ce type de refonte, le changement est ici immédiatement perceptible. Le dessin est plus rond, plus construit, plus dense visuellement. Le bleu évolue. Le monogramme gagne en présence. L’ensemble s’éloigne du logo en place depuis 2004 et se rapproche, dans son esprit général, de certaines versions historiques du club. Il ne s’agit donc pas d’un ajustement discret, mais bien d’un repositionnement visuel assumé.

Une refonte qui ne cherche pas la rupture, mais la consolidation

La communication officielle de l’OM est très claire : ce nouveau logo n’a pas été pensé comme une cassure, mais comme une réinterprétation. Le club explique que la construction graphique mêle plusieurs strates de son histoire visuelle. Dit autrement, le projet consiste moins à inventer une nouvelle grammaire qu’à condenser plusieurs mémoires du club dans un signe unique.

C’est là que la refonte devient particulièrement intéressante d’un point de vue design. Le logo de l’OM n’est pas traité comme un simple emblème sportif, mais comme une véritable architecture de marque. Le club ne modifie pas seulement un écusson : il cherche à créer un signe plus cohérent avec les usages actuels, plus robuste à petite taille, plus facile à déployer dans des contextes institutionnels, digitaux, éditoriaux, marchands et événementiels.

Évolution du logo au cours des années.
Évolution du logo au cours des années.

Le vrai sujet : un club de football qui raisonne comme une marque

C’est probablement là que se situe le cœur du débat. Le nouveau logo ne raconte pas seulement l’histoire d’un club. Il raconte aussi l’évolution du football contemporain, où un blason doit désormais fonctionner sur un maillot, une application, une miniature, une story, une signalétique, une campagne de merchandising ou une interface mobile. Le branding publié par l’OM insiste d’ailleurs autant sur le logo que sur le “Marseille Blue”, la typographie maison et les traitements d’image, ce qui montre bien qu’on n’est pas devant un simple lifting mais devant une plateforme de marque complète.

Le nouveau bleu n’est pas présenté comme une nuance arbitraire. Le club le relie explicitement aux bleus historiques de l’OM mais aussi à ceux de la ville : plaques de rue, calanques, ciel d’azur. Même logique pour la typographie, décrite comme un dialogue entre les archives fondatrices du club et l’identité populaire et méditerranéenne de Marseille. Cette rhétorique est révélatrice : l’OM ne vend pas seulement un logo, il met en scène une cohérence territoriale et émotionnelle. C’est du design identitaire, mais aussi du récit de marque.

Gamme couleur de la nouvelle identité visuelle de l'OM

UNE IDENTITÉ VISUELLE NE SE RÉSUME PAS À UN LOGO

Pour une entreprise aussi, un logo doit rester identifiable et cohérent sur un site internet, les réseaux sociaux, des documents commerciaux ou des supports imprimés. C’est pourquoi je conçois l’identité visuelle comme un ensemble : logo, couleurs, typographies et règles d’utilisation.

Un changement très visible… mais pas forcément consensuel

C’est aussi pour cela que la refonte a immédiatement suscité des réactions. Plus un logo est central dans l’affect collectif, moins il est lu comme un exercice purement formel. À Marseille, toucher au blason revient à toucher à un concentré de mémoire populaire, de fierté locale, de football, de folklore, d’habitudes visuelles et de transmission. L’hostilité d’une partie des supporters n’a donc rien d’étonnant.

Il faut prendre ce rejet au sérieux, non parce qu’il invaliderait le projet, mais parce qu’il dit quelque chose de très juste sur les logos sportifs : leur efficacité ne se joue jamais uniquement en termes de lisibilité, de géométrie ou d’adaptabilité. Un blason n’est pas seulement un bon signe graphique. C’est un objet de projection affective. Un club peut avoir raison stratégiquement et perdre malgré tout une partie de son public sur le terrain symbolique.

Quelques
chiffres clés

33 % des consommateurs français déclarent qu’ils pourraient renoncer à un achat face à une image de marque jugée peu inspirante.

35 % pourraient se tourner vers un concurrent si l’identité visuelle d’une marque n’est pas régulièrement actualisée.

8 % seulement des dirigeants français interrogés considèrent leur identité visuelle comme « très solide » et ne nécessitant aucune modification.

Source : étude Adobe sur les erreurs de design et l’identité visuelle en France.

Quand Volkswagen transforme la refonte en séquence virale

La séquence aurait pu rester cantonnée à un débat classique entre direction, designers, médias et supporters. Mais la comparaison avec Volkswagen a brutalement déplacé le sujet. La marque automobile s’est amusée de la ressemblance perçue entre son logo et celui de l’OM, avec une publication largement relayée dans la presse sportive. En quelques heures, le débat graphique a quitté le terrain du design pour entrer dans celui de la viralité.

Cette sortie a eu un effet très fort pour une raison simple : elle a figé le débat dans une image facile à retenir. Dès qu’une marque tierce parvient à résumer une polémique en une blague visuelle, le terrain change. On ne discute plus seulement d’histoire, de dessin ou de cohérence. On discute d’une comparaison devenue instantanément mémorable.

En branding, c’est redoutable. Un logo ne souffre jamais autant que lorsqu’il devient immédiatement lisible… comme le logo de quelqu’un d’autre. Cela ne signifie pas forcément qu’il y ait copie, ni même que la comparaison soit juste. Mais cela montre que la perception publique prime souvent sur l’intention du designer. L’OM peut expliquer la filiation avec son histoire ; si une partie du public retient avant tout une ressemblance avec Volkswagen, alors cette association parasite mécaniquement le reste du discours.

À retenir

  • Le nouveau logo de l’OM marque une évolution nette et immédiatement visible par rapport à la version de 2004.
  • Le club revendique une synthèse entre plusieurs périodes de son histoire visuelle plutôt qu’une rupture totale.
  • Cette refonte s’inscrit dans un chantier plus large : nouveau bleu, nouvelle typographie, nouveau site et système visuel complet.

Ce que l’historique du logo de l’OM raconte vraiment

L’un des aspects les plus intéressants du dossier est précisément l’histoire longue du monogramme OM. Le club rappelle que le sigle originel renvoie au cachet personnel de René Dufaure de Montmirail, son fondateur : les initiales D et M auraient progressivement évolué pour former le O et le M. Le célèbre “Droit au But” viendrait quant à lui de l’épouse du fondateur. Cette profondeur historique compte énormément, parce qu’elle rappelle que l’identité du club ne repose pas à l’origine sur un blason narratif complexe, mais sur un signe typographique très fort.

C’est peut-être ce qui rend la refonte 2026 plus cohérente qu’elle n’en a l’air au premier regard. Plus qu’un retour nostalgique, elle semble chercher à réactiver la puissance originelle du monogramme. Là où d’autres clubs ont parfois empilé les signes — écusson, animal, devise, date, ville, couronne, rubans — l’OM revient à une logique plus essentielle : un signe central immédiatement reconnaissable, entouré ou enrichi selon les usages.

Autrement dit, l’histoire du logo de l’OM n’est pas seulement une succession de dessins. C’est l’histoire d’un va-et-vient entre deux pôles : d’un côté le monogramme pur, de l’autre l’écusson enrichi. La version 2026 tente de tenir les deux ensemble. C’est ambitieux. Et c’est précisément ce qui explique que la refonte soit à la fois lisible, spectaculaire et contestée.

Nouvelle typographie nommée OM Marseille (© Olympique de Marseille)

Ce que cette refonte dit du design sportif aujourd’hui

On pourrait résumer la situation ainsi : le nouveau logo de l’OM est probablement plus performant comme système de marque que comme objet de consensus. Il fonctionne mieux dans une logique de déploiement global, de cohérence visuelle et de lisibilité contemporaine. Mais il prend le risque inhérent à toute modernisation d’un symbole populaire : sembler plus “construit” que “vécu”. C’est souvent le paradoxe des bons redesigns sportifs. Ils sont stratégiquement solides avant d’être émotionnellement adoptés.

Pour un designer, le cas OM est donc passionnant. Il montre qu’une refonte réussie ne dépend pas uniquement de la qualité du dessin. Elle dépend aussi de la temporalité du club, du climat autour de l’institution, de la capacité du public à relire son histoire à travers un signe nouveau, et du bruit médiatique qui accompagne le lancement. Le troll de Volkswagen, les réactions de supporters et la forte charge symbolique du blason marseillais ont transformé un changement d’identité en sujet culturel à part entière.

Et c’est souvent là que les logos comptent vraiment : quand ils cessent d’être du graphisme pour devenir du débat public.

En résumé

Si votre site e-commerce ne vend pas, ce n’est probablement pas un problème de produit. C’est souvent un problème de parcours, de clarté, de confiance ou de présentation.

Et la bonne nouvelle, c’est que cela se corrige.

Parfois, quelques ajustements suffisent à transformer un site passif en véritable outil de vente. Dans d’autres cas, une refonte permet de reconstruire une base plus claire, plus professionnelle et plus performante.

Encore faut-il savoir où regarder.

Si votre logo ou votre identité visuelle ne reflète plus vraiment votre entreprise, c’est peut-être le bon moment pour la faire évoluer.

J’accompagne les entreprises dans la création ou la refonte de leur logo et de leur identité visuelle, avec une approche pensée pour fonctionner aussi bien sur le web que sur les supports imprimés.